Archives mensuelles : août 2020

Solidarité ou pardon des différences

L’aide est une forme dont l’origine peut-être de nature différente. Il y a une façon d’aider qui est un mouvement envers l’autre, qui est totalement désintéressé et détaché, que l’on peut nommer « solidarité », définie comme une dépendance réciproque.  Mais il y a une autre façon d’apporter de l’aide, qui est un mouvement vers l’autre avec une intention de se racheter. L’autre est perçu alors comme étant dans le besoin et cette projection est le fruit d’une culpabilité profonde liée à la croyance au manque. Cette croyance est le moteur d’un monde égotique, qui a pour loi plus ou moins consciente : « ce que j’ai, je l’ai pris à un autre et ce qui me manque, doit être obtenu de l’autre ». Je peux observer les formes que peuvent prendre dans ma perception du monde, l’allégeance à cette loi.

Cette croyance s’appuie sur mes jugements ou plus subtilement sur des comparaisons, ce qui revient à faire des différences entre ceux qui ont et ceux qui manquent, et plus sournoisement, entre ceux qui méritent et ceux qui ne méritent pas. Rapidement, au fil des informations contradictoires, des changements, apparaît l’impossibilité de faire ces différences, ce qui va amener une certaine confusion. C’est le propre de l’esprit qui se croit séparé, que l’on peut nommer « ego » et qui va par tous les moyens tenter d’obtenir ce dont il croit manquer ou se racheter pour ce qu’il croit avoir pris et dont il se sent coupable, rendant l’idée même de solidarité inconcevable.

Comment je considère l’autre va déterminer le type d’aide. Si la solidarité se définit notamment par une réciprocité, cela m’engage à envisager l’aide comme un échange, en le considérant comme mon égal, sans me fonder sur une pensée de séparation. C’est le propre d’un esprit qui se souvient de qui il est réellement.

« Un miracle est un service. C’est le service maximal que tu puisses rendre à autrui. C’est une façon d’aimer ton prochain comme toi-même. Tu reconnais simultanément ta propre valeur et celle de ton prochain. » Extrait d’Un Cours En Miracles, Chap.1, principe 18.

Catherine-Sylvie ZUFFEREY / facilitatrice groupe de Sion/Suisse/ extrait du blog http://www.pratique-ucem.ch

Bonheur ou satisfaction

Il y a une sorte de satisfaction, voire de soulagement, qui est étroitement liée à la peur. C’est souvent appelé « bonheur ». Ce « bonheur » n’est que la face mise temporairement en lumière de l’idée d’un malheur qui guette.

Si ce bonheur, qui serait une forme d’émotion, dépend de conditions extérieures, il ne peut immanquablement qu’être assorti de la peur de perdre cet état en perdant les conditions, qui, puisqu’elles sont extérieures, sont forcément changeantes et aléatoires. Dans ce contexte, il ressort clairement que les questions se posent autour d’un « avoir », qui ne peut que continuer à nourrir l’histoire d’un monde changeant, instable et fondamentalement impermanent, donc effrayant si c’est la seule réalité.

Pourtant dans une quête authentique, c’est la question « qui suis-je » qui est la plus en lien avec une idée de bonheur. Cette dimension essentielle et simple est pourtant à l’origine de maintes distractions pour être éludée, voire niée. La quête elle-même peut devenir l’obstacle, comme un refus de la simplicité de ce qui est là, pour moi, pour chacun, toujours et à chaque instant.

La question n’est plus comment atteindre le bonheur, mais pourquoi le refuser, quels sont les obstacles ? Suis-je prêt à accepter la réalité de ce « je suis » dans ce monde illusoire et la simplicité du bonheur qui m’est donné à vivre ?

« Ne cherche pas à l’extérieur de toi. Car toute ta douleur vient simplement d’une quête futile de ce que tu veux, là où tu persistes à vouloir le trouver. » Extrait Un Cours En Miracles, Texte, chap.29,VII.

Catherine-Sylvie ZUFFEREY / facilitatrice groupe de Sion/Suisse / extrait du blog http://www.pratique-ucem.ch