A propos du Cours

« L’ enseignement du Cours en Miracles se caractérise par une approche peu commune du système philosophique de la non-dualité. Cette vue de la réalité est généralement associée à la doctrine du Vedenta dont le système de penser est le plus ancien des philosophies indiennes. Bien qu’il s’en différencie par son approche pédagogique et ses moyens d’application pratique, ce Cours se démarque plus largement de cette doctrine traditionnelle et en général des autres systèmes philosophiques orientaux et occidentaux parce qu’il intègre les principes métaphysiques de la non-dualité aux découvertes freudiennes du mécanisme psychique égotique, ce qui donne à l’élève des outils de réflexion et d’observation psychologiques qui vont lui servir à examiner les effets de ses fantasmes et des croyances auxquelles il donne foi. L’élève apprend ainsi à rectifier ses jugements et ses ressentis conflictuels face aux événements du monde de la dualité qu’il perçoit, jusqu’à ce qu’il fasse le choix conscient de la non-dualité qui lui apportera l’expérience de la paix. Comme ce Cours s’adresse à des esprits occidentaux dont le système de valeurs et de croyances est sous influence judéo-chrétienne, il rectifie le sens de la terminologie symbolique chrétienne qui confond abstraction et anthropomorphisme ; la compréhension et les applications pratiques de cet enseignement en sont ainsi facilitées. Néanmoins, l’idée fondamentale que développent ces deux enseignements est la même : le monde est maya, le monde de la dualité est une illusion car la non-séparation de la Cause-Effet est la définition de la réalité : seul l’Esprit est Tout ce qui est, le Soi aimant, immuable, éternel et parfait.

En tant qu’enseignement théorique et pratique l’enseignement psychospirituel de Un Cours sur les Miracles s’adresse à l’esprit divisé nommé ego auquel chacun s’identifie. Ce qui ne veut pas dire que chacun est prêt à entendre son message. Lire que le produit du système de penser de l’ego n’est rien qu’une fabrication de l’esprit, une hallucination sans réalité aucune, un fantasme, une illusion, peut sembler acceptable pour la plupart, mais apprendre que le corps physique est le symbole de l’ego et représente son propre désir de séparation et qu’en tant que tel il n’a aucune réalité, tout comme le monde dans lequel il semble évoluer, est plus difficilement recevable. Helen Schucman, Docteur en Psychologie, qui écrivit ce Cours sous dictée intérieure alors qu’elle travaillait au Centre Médical de l’Université de Columbia à New York, disait que c’était un enseignement pour intellectuels et ajoutait qu’ils avaient droit eux aussi à une voie spirituelle qui leur soit propre. Il est vrai que la réflexion, l’observation des pensées, l’introspection, l’attention consciente à ce qui est, sont fortement suscitées et que le travail pratique demandé est uniquement intérieur. D’ailleurs le lecteur est prévenu dès la fin du premier chapitre : « Ce cours est un cours en formation de l’esprit. »

Certains découvrent ce livre par ouï-dire ou par des lectures de vulgarisation de son message « miraculeux » (largement dû à son titre) et espèrent que sa lecture leur fournira un procédé inédit plus ou moins surnaturel de type Nouvel Age dont ils pourraient obtenir quelques recettes, ou peut-être même une théologie nouvelle prometteuse de visions extatiques, trouver la panacée à leur mal-être et combler leur sensation de vide intérieur en ressassant les mots paix, pardon et amour, mais sans en saisir véritablement le sens. Ainsi sont-ils déçus et découragés par la difficulté qu’ils rencontrent à l’intellection de ces textes, à suivre la structure spiralée des thèmes abordé, le langage elliptique et symbolique ou encore les concepts métaphysiques qui y sont développés, n’ayant pas compris sans doute qu’il s’agit d’un enseignement spirituel qui requiert leur coopération subjective dans sa mise en pratique. En effet, ces textes ne peuvent être lus en diagonale ou de manière linéaire et objective comme un livre ordinaire car ce qu’ils transmettent n’est pas « extérieur » à l’esprit qui en fait la lecture. S’ils n’y renoncent pas de suite en abandonnant le livre, ils se rabattent sur quelques rudiments vite appris (le pardon justement, mais avec l’idée qu’ils s’en font, ou au recours constant à l’Esprit Saint comme d’une baguette magique), ce qui a pour résultat qu’ils s’attaquent eux-mêmes en attaquant les autres. Évidemment, la magie « marche » : le monde est fabriqué par la pensée magique ! Quant à l’attaque, elle entretient la culpabilité nécessaire au bon fonctionnement de l’ego et celui-ci n’y voit rien à redire. Quelques-uns persistent cependant, et s’ils persistent suffisamment longtemps ils finissent par trouver, sous une forme ou sous une autre, l’Aide qu’ils appellent sincèrement »